Le soleil se faisait discret à l'aube, et les nuages, d'un somptueux gris, plus présent. La pluie menaçait cette aurore. Fatiguée, je n'avais pas le courage de me lever tout de suite. Mon corps me faisait terriblement souffrir, mon c½ur, lui, ne battait plus. Je me levai tout de même au bout de quelques minutes. Plus vite je partirais d'ici, mieux cela sera. Ce matin, mon père devant partir tôt il ne me fit rien, et me laissa la maison pour moi. Pourtant je la détestais ! Elle n'était que mauvaise augure pour quiconque. Je me préparai en vitesse et avala un fruit, puis je pris mon sac et direction le lycée. Dans le métro je songeais à ma journée. Je l'imaginais tranquille et peut être même amusante. Mais tout cela n'était que rêve. Je me demande ce que cela faisait d'avoir de VRAI amis ? Des gens qui ne vous jalouse pas, qui vous aide, vous aime ... Un long soupir se fit entendre dans la rame. La tête baissais je penser au verbe aimer. Un sourire dépiter en coin, je pensai qu'aimer n'était rien de plus qu'un autre verbe parmi tant d'autre. Je n'avais jamais connue aucune sorte d'amour. Ni amicale et encore moins maternelle. Pour me consoler, je me disais que cela étais bien mieux ; que au moins je n'avais pas à m'encombrer de verbes inutiles. Et malgré tout, au plus profond de moi, mon âme pleurait sa solitude, sa souffrance et sa tristesse. A l'arrivée du métro , je fut surprise par le monde , la plupart des gens ici étant soit des étudiants de toutes classe , soit des travailleurs . Ils étaient tous aussi pressés les uns que les autres. Je me fis bousculer par beaucoup de monde, et des jeunes filles qui avait tout vue se moquèrent même de moi. Je me sentais ridicule et stupide. Nagoya était bien plus peuplé et bien plus vivant que Aogashima. Honteuse de ne pas arriver à me retrouver, je pressai le pas. J'étais en fin devant les grilles. Mon lycée était vraiment grand, son nom m'échappa, mais je le retiendrais bien un jour. Quelques minutes s'écroulèrent pendant les quelles je contemplais l'infrastructure. C'était morne et dépourvu de vie malgré le monde qui se hâtait à l'intérieur. Le ciel se mit à pleurer, ce qui cacha mes larmes. Je ne voulais pas aller en cour, mon corps me faisait terriblement souffrir, j'étais seule, invisible. J'essuyai mes sanglots et me décida à entrer moi aussi. Mon premier pas fait, je me dirigeai d'une traite devant ma salle. Quand j'aperçus enfin les élèves de ma classe mon sourire revient naturellement, mais se perdit bien vite dans les profondeurs de la pluie qui se fracassait avec violence sur les vitres du lycée .De loin je reconnus les filles du métro, elles pouffaient entre elles, tout le monde me dévisageait. Pourquoi tant de cruauté. Je ne leur avais pourtant rien fait, alors pourquoi ? Déçut et honteuse je me mis dans un coin de la classe, le plus au fond possible et, j'attendais, faisant semblant de ne rien avoir remarqué. Les yeux perdu sur le bureau, je ne pensais qu'à une chose : m'enfuir.
Et alors que je me pressais de rejoindre ma classe je la revis. Elle était assise au fond de sa salle, la tête basse, les yeux brillant.
- Alors c'est la que tu te caches ... La matinée ne fit qu'empirait. Toute la classe me rejetait et s'amusait de mon côté rural, la ville me changeait énormément et j'avais espéré me faire des amis qui pourraient me faire visiter. Mais peut être avais-je trop espéré ? Midi venait à grand pas et mon estomac le ressentait. Lorsque l'heure du repas retentit, je me précipitai dehors. Mais une fois à l'extérieur je me rendis bien vite compte que j'avais oublié mon bento à la maison, que je n'avais pas d'argent, et que par conséquent j'allais devoir mourir de faim. Et plutôt décéder du manque de nourriture que de devoir affronter les personnes de ma classe. De nouveau seule et désespérée, je n'avais que mes yeux pour pleurer et mon c½ur pour s'émietter.
Alors que je me repassais le piteux film de ma vie dans ma tête, j'entendis comme une voix douce et amicale m'appelait par mon nom. Je n'en revenais pas, il y avait bien quelqu'un qui connaissait mon nom ici. Levant mes yeux brillant vers cette douce mélodie, ma vision était trouble et je ne pus articulais qu'un minable petit « oui » interrogatif avant de m'évanouir.
- ... c'est tout ce que tu peux endurer Aoi ?! ... prochain chapitre à paraître ---> Chapitre 4 : "L'inconnu "
verdicte de ce troisième chapitre ... ??